David Hockney

Rétrospective

Jusqu’au 23 octobre 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Centre Pompidou, Niveau 6, Galerie 1, Paris 4e

Le Centre Pompidou revient sur les soixante ans de carrière de David Hockney (né en 1937 à Bradford) alors que l’artiste britannique, californien d’adoption, fête ses 80 ans.

La rétrospective présente plus de 160 oeuvres, des toiles de jeunesse à celles datant d’il y a moins d’un moins, précise Didier Ottinger, commissaire de cette exposition.

Cette thématique de la piscine apparaît dans une oeuvre de 1964, dans un coin supérieur gauche de la toile California Art Collector. Hockney a quitté une Angleterre, certes en pleine ébullition culturelle – c’est l’ère des « Swinging sixties » -,  mais qui réprime légalement l’homosexualité (jusqu’en 1973). Il s’installe en Californie.

« Faire la propagande de l’homosexualité dans ses peintures – en représentant notamment son amant Peter Schlesinger (entre 1966 et 1971) – était bien plus médiatique que de promouvoir le végétarisme [l’artiste est végétarien] comme l’artiste l’envisageait à ses débuts », ironise le commissaire de l’exposition.

A Los Angeles, l’artiste découvre une lumière crue, un mode de vie hédoniste et consumériste, où chacun semble avoir sa piscine. Ce motif va devenir sa marque de fabrique. Mais loin d’une simple figuration réaliste, la piscine, où plutôt l’eau qu’elle contient, devient un sujet métaphorique. Son rendu de la transparence de l’eau – qu’il réalise grâce à de la peinture acrylique diluée avec de l’eau et un peu de liquide vaisselle, appliquée directement sur la toile – traduit ses sources d’inspiration. Telles les arabesques de Sunbather (1966) qui rappellent le motif inventé par Dubuffet – dont D. Hockney est un grand admirateur – ou encore les peintures dites « spaghetti » de Bernard Cohen. Plus tard, on retrouve l’influence des Nymphéas de Monet. D’ailleurs, explique D. Ottinger, « à chaque fois qu’il vient à Paris, il va les observer ».

Au-delà de la volonté de présenter l’ensemble de la carrière du peintre, le parcours explore ses différents outils techniques, du polaroïd à l’iPad – l’artiste fait coudre une poche intérieure dans ses costumes pour toujours l’avoir à portée de main – en passant par la photocopieuse et le fax, pour reproduire les images.

Les oeuvres de D. Hockney se caractérisent par leur mise au point focale. Dès la fin des années 1960, l’artiste s’appuie sur une construction de l’espace inspirée de la photographie. Dans le même temps, c’est l’héritier de la tradition anglaise de la représentation de paysage. L’artiste parvient à synthétiser ces deux médiums, avant d’arriver dans une impasse.

« Je suis persuadé que la photographie nous a causé du tort. Elle nous a conduits à regarder le monde d’une seule et même façon, plutôt ennuyeuse… Nous vivons à une époque où une grande quantité d’images réalisées n’ont pas pour ambition d’être considérées comme des oeuvres d’art. Leurs auteurs revendiquent quelque chose de beaucoup plus douteux : ils disent qu’elles sont la réalité ».

D. Hockney dépasse alors le naturalisme et passe par une phase cubiste : il décompose les points de vue pour en montrer la diversité. Ses toiles se font l’écho de l’enregistrement de sa vision dans l’espace et dans le temps (Joiners).

Mais là où il l’artiste se distingue véritablement, c’est dans sa manière de vouloir inclure le spectateur dans ses paysages, grâce à la technique de la perspective inversée, théorisée dans les années 1920 par Pavel Florensky. Hockney fait saillir la perspective vers le spectateur ; le point de fuite se trouve derrière lui. Cet effet se ressent particulièrement dans la salle dédiée aux quatre saisons. L’artiste a placé neuf caméras dans sa voiture et a roulé dans son Angleterre natale – là où existe les 4 saisons, contrairement à la Californie -. Puis il les a intégrées dans un logiciel informatique. Le résultat ressemble à quatre rubik’s cube géants, diffusant les images en mouvement, selon différents points de vue et moments de l’année.

Après quelques oeuvres de méditation sur le jardin – « vieil exercice de sagesse -, l’artiste réveillé par l’arrivée de l’exposition », s’amuse le commissaire, a réalisé des oeuvres aux couleurs nouvelles, reprenant le principe de la perspective inversée. Afin d’apporter au visiteur une idée de ce que sera l’oeuvre de Hockney dans les mois (années ?) à venir…

Le parcours fait prendre conscience combien l’oeuvre de David Hockney ne se résume pas à ses piscines californiennes. Le parcours met en avant la diversité de ses sources d’inspiration et de ses techniques. Une exposition estivale à ne pas rater.

NB : le site Internet de l’artiste permet de découvrir la genèse de deux toiles présentées dans l’exposition : The Road to Thwing, July 2006 et Making of Bigger Trees Near Water.

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