Un maître de la Renaissance vénitienne


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Cima da Conegliano

Jusqu’au 15 juillet 2012

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Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e

L’affiche officielle ne donne pas le ton de cette splendide exposition. Elle ne rend pas la pureté et le flamboiement des couleurs qu’atteint Cima da Conegliano dit Cima (1459/60-1517/18). L’un des principaux maîtres de la peinture vénitienne de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, présenté au musée du Luxembourg.

Né à Conegliano, petite ville au pied du massif montagneux des Dolomites, Giovanni Battista Cima s’installe à Venise, où il côtoie les plus grands artistes, dont Giovanni Bellini (1438/40-1516) et Vittore Carpaccio (1460-1526). Il se forge un style raffiné que des mécènes exigeants recherchent.

L’exposition du musée du Luxembourg permet d’apprécier les caractéristiques de l’art de Cima qui doit apprendre très tôt se distinguer de ses confrères tant la concurrence est rude à Venise, la cité lagunaire se révélant l’un des pôles les plus brillants de la Renaissance italienne en cette fin de XVe siècle.


Les oeuvres exposées mettent en valeur sa minutie du dessin, sa maîtrise de l’huile – médium alors relativement nouveau – et l’intensité de sa palette de couleurs. Mais au-delà de cette perfection technique, l’exposition révèle les nombreux symboles dont regorgent ses oeuvres (il est très intéressant à ce sujet de lire chacun des petits cartels des oeuvres) ainsi que la subtilité de la tension dramatique dans la gestuelle de ses personnages. Je pense notamment à la main gauche de saint Thomas, se découpant dans la pénombre (L’Incrédulité de saint Thomas et l’évêque saint Magne, vers 1504/05), ou à la gracilité de ses Vierge à l’Enfant.

 

L’affiche de l’exposition représente Saint Sébastien (1500-1502), oeuvre qui offre une synthèse de l’art de Cima. Vue en contre-plongée, pureté des volumes, raffinement des surfaces, tonalités chromatiques, classicisme hellénique. Roberto Longhi, célèbre historien de l’art italien (1890-1970), décrit l’oeuvre par ces termes: « Une figure qui se découpe comme une tour d’ivoire sur le haut du ciel ; le lent épanouissement des épaules, l’espace qui sépare le torse et le bras, le tissu lisse autour des hanches ; cette seule et unique flèche ».

Cette oeuvre, qui s’inspire de la peinture d’Antonello da Messina et de la statuaire de Tullio Lombardo, invente l’homme idéal qui soumet l’espace à sa mesure.

La dernière partie de l’exposition s’intéresse à l’influence de Cima sur son entourage (Bellini ou Albrecht Dürer) et ses suiveurs (de Lorenzo Lotto au Titien). En combinant l’éclat de la peinture flamande avec la perspective atmosphérique propre à Venise, Cima réalise une modulation progressive des couleurs qui permet d’adoucir la représentation de la nature en arrière-plan de ses oeuvres. Cette synthèse donnera naissance au XVIe siècle à l’ère triomphale de la couleur. Tel que le Titien la pratiquera.

 

 

 

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