Le Baroque des Lumières

Chefs-d’oeuvre des églises parisiennes au XVIIIe siècle

Jusqu’au 16 juillet 2017

Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Le Petit Palais présente une exposition sur la diversité de la peinture religieuse parisienne au XVIIIe siècle, de la Régence à la Révolution. Les paroisses et congrégations qui rénovaient les églises de la capitale faisaient appel aux grands peintres d’Histoire tels Nicolas de Largillière, Jean Restout, François Lemoine, Carle Van Loo, Vien, Jacques-Louis David. Un patrimoine pictural méconnu du public.

La peinture française du XVIIIe siècle évoque davantage les raffinements de la fête galante et du portrait que la rhétorique de la grande peinture religieuse. Pourtant, en dehors de la période du Salon, le public pouvait admirer la peinture contemporaine dans les églises parisiennes ! Ce qui incitait les artistes à accepter une moindre rétribution en échange d’une bonne visibilité publique. « Les artistes ne négligèrent donc pas de s’y montrer sous leurs meilleurs pinceaux », s’amuse Christophe Leribault (directeur du Petit Palais), co-commissaire de l’exposition.

Au cours du 18e siècle, le décor des églises parisiennes évolue. Il est d’abord marqué par l’exemple de Notre-Dame de Paris, composé de deux espaces narratifs distincts : le choeur, dévolu à la gloire de Marie, souvent associée à l’Enfant Jésus, et la nef dédiée aux Actes des Apôtres. Un modèle repris dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par exemple. L’hagiographie des saints subit également une mue : aux saints légendaires qui donnèrent lieu à un mouvement d’appropriation des reliques, les congrégations religieuses préfèrent la représentation de saints dont la vie est attestée comme saint Augustin ou dont la canonisation est récente tel saint Vincent-de-Paul.

A partir des années 1720, les arts s’entremêlent plus fréquemment. Le peintre Noël-Nicolas Coypel et le sculpteur Jean-Baptiste Lemoine conçoivent la totalité d’un décor illusionniste pour l’église Saint-Sauveur. Le style devient plus sobre et la palette plus contrastée. Jacques-Louis David illustre cette évolution, qui plaît autant aux religieux qu’aux laïcs. Le goût pour l’Antiquité incite les peintres à placer des architectures romaines en arrière-plan et les toiles sont souvent composées sous forme de frise pour imiter les bas-reliefs sculptés des temples antiques.

 

L’exposition est organisée en partenariat avec la Conservation des oeuvres d’art religieuses et civiles de la Ville de Paris, chargée de la gestion de ce patrimoine. Les oeuvres présentées ont toutes bénéficié d’une restauration. Un espace pédagogique est dédié aux campagnes de restauration, avec la présentation d’une oeuvre en cours de restauration, et un cabinet à tiroirs qui présente chaque étape de l’application d’un vernis sur une toile de lin.
Un second espace pédagogique est consacré à l’iconographie religieuse. On peut y admirer un documentaire sur les peintures in situ à travers diverses églises parisiennes (dont Saint-Sulpice, dernièrement restaurée, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, l’église Saint-Roch, etc.).  Enfin, le parcours revient sur le décor peint à l’italienne de la chapelle des Enfants-Trouvés, aujourd’hui disparu. Seule reste une série d’estampes du graveur Etienne Fessard.

Ne vous y trompez pas, cette exposition est lumineuse et réjouissante ! On retrouve la sérénité que l’on ressent dans les lieux saints. Car la scénographie reproduit l’intérieur d’une église et ses espaces annexes (chapelle, sacristie…), avec une douce musique religieuse en filigrane. Le parcours présente de grands formats – à se demander comment les techniciens ont fait pour les déplacer ! -. L’exposition réunit non seulement des toiles conservées dans les églises parisiennes mais aussi des oeuvres éparpillées depuis la Révolution française et mises à l’abri dans différents musées (musée du Louvre, Château de Versailles, musée des Beaux-Arts de Lyon, Rennes, Marseille, Brest…) ou églises et cathédrales plus ou moins proches de la capitale (Saint-Denis, Villeneuve-Saint-Georges, Mâcon, Lyon). L’exposition se prolonge dans six églises sélectionnées pour vous faire (re)découvrir ces décors monumentaux :

– l’église Saint-Roch (1er arr.) pour ses tableaux d’autels de Gabriel François Doyen et Joseph-Marie Vien, sans oublier la coupole de Jean-Baptiste Marie Pierre ;
– l’église de l’Assomption (1er arr.) pour son Adoration des mages de Carle Van Loo ;
– l’église Saint-Merri (1er arr.) pour ses tableaux en l’honneur de la Vierge réalisés par Carle Van Loo et Collin de Vermont ;
– l’église Notre-Dame-des-Victoires (3e arr.) pour la Vie de saint Grégoire par Carle Van Loo ;
– l’église Saint-Sulpice (6e arr.)  dont la chapelle de la Vierge rassemble sous la coupole de Jean-Baptise Lemoine quatre tableaux de Carle Van Loo ;
– l’église Sainte-Marguerite (11e arr.) pour son décor en trompe l’oeil de Brunetti et Briard et son cycle des tableaux de la vie de saint Vincent-de-Paul.

 

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