Une passion finlandaise

Akseli Gallén Kallela (1865-1931)

Jusqu’au 6 mai 2012

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Musée d’Orsay, 1 rue de la Légion-d’Honneur, Paris 7e

 

Un Finlandais à Paris. Cela donne des oeuvres étonnantes tant du point de vue de leur composition que de leurs couleurs. L’exposition du musée d’Orsay sur Akseli Gallén-Kallela, considéré comme l’un des artistes finlandais les plus doués à la fin du XIXe siècle, vous permettra d’apprécier, en outre, le réaménagement du musée. Deux bonnes raisons de vous y rendre illico presto!

Elève de la célèbre Académie Julian, Axel Gallén n’avait encore jamais fait l’objet d’une exposition monographique en France. Il triomphe pourtant à l’Exposition universelle de Paris en 1900 avec des fresques monumentales qui ornent l’intérieur du pavillon finlandais (scène qui fait l’objet d’une reconstitution vidéo au sein de l’exposition).

L’exposition du musée d’Orsay met en valeur l’originalité de l’artiste qui entrecroise réalisme, néoromantisme et symbolisme. Un style libre qu’il met au service d’une multitude de sujets: personnages, paysages, contes populaires (en particulier, l’épopée mythique du Kalevala, écrite par Elias Lönnrot et publiée en 1835), arts décoratifs.

Ses portraits des premières salles frappent par le teint cireux de ses personnages et par leur dimension hors pair, comme s’ils se détachaient du cadre. Les mains et le ventre de la paysanne (La vieille femme et le chat, 1885) seraient plus naturelles sur un corps d’homme, la tête des enfants apparaît  souvent comme en 3D. A cet effet de perspective démesurée s’oppose sa grande minutie pour représenter la nature dans laquelle il intègre des personnages, qui semblent se fondre avec elle.

Les paysages de Gallén se démarquent par son choix des couleurs. Bleu éclatant du lac Jamajärvi, rouge pivoine de la tête du grand pic noir, reflets mordorés des bouleaux. Si les couleurs scintillantes réchauffent les compositions et rendent les paysages vivants, l’artiste traite parfois avec négligence son ciel.

Après les scènes mystiques de son interprétation biblique de la résurrection – un processus de libération qui succèderait aux souffrances humaines -, et celles surnaturelles des illustrations du Kalevala, l’exposition conduit au mausolée de Juselius. Arthur Juselius qui vit à Pori – ville natale de l’artiste – perd sa fille unique Sigrid à l’âge de onze ans et décide de lui faire construire un mausolée. Il confie le décor à Gallén, qui traite le cycle de la vie et de la mort en étroite corrélation avec le rythme des saisons et dans une perspective métaphysique. Ainsi dans Printemps (1903), une femme en robe noire, à gauche de l’oeuvre et présentée de profil, menace la joie des enfants qui lui font dos et situés à l’extrême droite du tableau (cliquez sur l’image pour voir l’oeuvre en entier).

Vient ensuite la section consacrée aux arts décoratifs, auxquels Akseli Gallén-Kallela s’intéresse quand il fait construire sa maison-atelier. Il en dessine lui-même l’aménagement, fabrique ses meubles en bois dont un magnifique buffet orné d’un décor sculpté qui symbolise l’arbre de la connaissance.

En dépit de leurs fulgurantes couleurs, ses oeuvres africaines m’ont moins impressionnées. Hormis  son portrait de Goia Gidogo (1909/10), les traits sont grossiers, comme si la couleur devenait l’objectif principal de la toile. Sans pour autant parvenir à transcrire le spectaculaire de la nature africaine.

En sortant de l’exposition, ne manquez pas jeter un oeil sur le nouveau et lumineux décor du Café Campana

 

 

 

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